Découvrez les lauréats 2026 du concours Envol

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Parmi les 102 candidatures déposées pour le concours Envol sur l’ensemble de la France, 6 finalistes ont été sélectionnés pour performer sur scène lors de la finale nationale, organisée par le Crous de Strasbourg. Celle-ci a eu lieu le jeudi 21 mai sur la scène de la Pokop.

Voici les prix qui ont été attribués par le jury de professionnels :

1er prix (2.000 €) : Si je ne brûle pas, qui éclairera la nuit ?, de l’Antichambre (Crous de Paris)

Pièce chorégraphique pour deux interprètes qui s’inspire de l’œuvre littéraire de Nelly Arcan, en particulier de deux de ses livres « Putain » (2001) et « Folle » (2004).

« Le but premier pour nous c’est de rendre hommage en quelque sorte à la vie de Nelly Arcan qui pour moi représente une existence sacrifiée. Comme le dit Johanne Rigoulot : « La figure de Nelly Arcan est réinvestie à la manière d’un « je vous l’avais bien dit. » Comment faudrait-il parler d’elle aujourd’hui pour saisir sa place dans la littérature contemporaine ? Quel statut donner à Nelly Arcan ? A la manière d’un bonneteau je propose trois termes : « victime », « martyre » et « sacrifiée ». « Sacrifiée » gagne sans discussion. »

2e prix (1.000 €) : L’ivresse me colle à la peau, de Noémi (Crous d’Aix-Marseille-Avignon)

« La thématique dominante est l’alcool. Plus précisément, l’effet de l’alcool et de sa dépendance sur le corps humain et l’esprit. […] Goûter à l’alcool dans une période difficile, c’est se sentir plus léger, plus libre et joyeux. Pendant un court instant. Être sobre, c’est devoir faire face. « L’ivresse me colle à la peau » parle d’une dualité entre se laisser aller et se battre pour soi, même si ça nous choque, même si ça fait mal. Apprendre à faire face, c’est transformer cette colère en rage de vaincre et s’accepter tel que l’on est avec sa part d’ombre et de lumière, qu’importe si c’est différent d’avant. »

3e prix (500€) et le Prix du public (250€) : Gesamtkunstwerk, de la Wilson Creation Company (Crous de Lyon)

« L’art est un feu immatériel. Il éclaire ce que l’on ne comprend pas encore. Il rassemble ceux qui ne se connaissent pas. Il permet d’espérer, de croire, d’exister. Nous avons besoin du feu autant que de l’art. L’un maintient la vie du corps, l’autre entretient la vie intérieure. Sans l’un, on disparaît. Sans l’autre, on s’éteint. […]

Dans ce pas de deux, deux corps s’y rencontrent dans une vulnérabilité absolue. Le piano soutient un espace intime, doux et apaisé. L’image chorégraphique doit transporter la fragilité, sublimer le calme et la délicatesse. Le duo avance comme un pacte : abandon et confiance réciproques, candeur et union. Les corps acceptent la gravité, se déposent l’un dans l’autre, chaque contact devient essentiel. Ce tableau est celui de la connexion profonde et de la fragilité partagée. »

Les demi-finalistes

Kadanse, de la Cie BROM (Crous de Paris)

« La création de la Cie BROM est née de la rencontre entre quatre styles urbains distincts : popping, krump, electro et hip-hop. Un dialogue entre quatre cultures urbaines différentes s’est ainsi construit au sein d’une même pièce. […]

La thématique dominante de la pièce est la lutte intérieure. Il ne s’agit pas d’un conflit extérieur, mais d’un combat avec soi-même : affronter ses peurs, ses doutes, ses limites ou certaines situations personnelles. Cette lutte peut prendre différentes formes, avoir des issues variées, mais elle fait partie de l’expérience humaine. À travers cette création, nous avons voulu montrer que chacun traverse ses propres combats, parfois invisibles. »

a Yo, extranjera, Ojo (Crous de Nantes Pays de la Loire)

« Pour cette pièce, j’ai été fortement inspiré par deux facteurs principaux qui ont contribué à ma vie, à savoir la culture de l’agitation et la dualité. Je voulais mettre en scène qui je suis et pourquoi je suis comme je suis. Je viens d’un désert, d’une famille séparée, d’une culture mixte entre les États-Unis et le Mexique, et je me pose également la question suivante : puis-je échapper à mon passé, peut-être pour un sentiment d’individualisme ? […]

Avec mes mouvements, je fais écho à la musique, qui change légèrement mais reste la même, ainsi qu’aux mouvements symbolisant les tâches ménagères et la répétition, des gestes qui ressemblent à des tâches ménagères et à un travail répétitif, incarnant le rythme de la productivité et de la routine. Même s’il y a des moments où je peux respirer, surtout lorsque je ralentis, le cycle reprend ensuite. »

45 rue des Platanes, Sarah et Laura (Crous de Strasbourg)

 » Touchant à la danse-théâtre, ce duo veut mettre en scène l’une de ces chamailleries. […] Dans cette pièce, le carnet de sudoku est l’élément scénique qui cristallise les tensions. […] Dans cette création, l’espace scénique devient espace de cohabitation, au sens fort du terme, puisque l’inspiration de ce duo vient de notre vie en colocation.

Nous nous sommes inspirées de notre quotidien rythmé par les rires et les prises de tête pour des broutilles qui ne durent jamais plus cinq minutes. C’est de là que vient le titre de notre duo. « 45 rue des platanes » est l’adresse fictive de notre colocation. En somme, ce duo cherche à célébrer ces amitiés qui n’ont pas besoin de mots pour exister. Ces sœurs choisies, avec lesquelles on se dispute aussi vite que l’on se réconcilie, car leur présence à nos côtés vaut finalement mieux que n’importe quelles chamailleries. « 

Le jury 2026

  • Yoko NGUYEN, Coordinatrice artistique, Association Répétita, Strasbourg [Présidente du jury]
  • Muriel LETZELTER, Chargée de production, Maison de la danse, Lyon
  • Ali SALMI, Chorégraphe, Cie Osmosis, Forbach
  • Angélique HERTZOG, Danseuse, chorégraphe et enseignante, Strasbourg
  • Guillaume FORESTIER, Danseur et chorégraphe, Cie La Fiévreuse, Lyon
  • Guilain LENOBLE, Chargé de mission Spectacle Vivant, FOL Drôme, Valence